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Quel est le meilleur choix : REER ou CELI?

Les régimes enregistrés d’épargne-retraite (REER) et les comptes d’épargne libre d’impôt (CELI) sont des moyens de placement qui comportent tous deux une composante libre d’impôt. Avant de décider s’il vaut mieux placer des fonds dans un de ces comptes ou dans les deux, il est important de connaître les similitudes et les différences entre les deux et de les comparer à votre situation particulière.

Franchise d’impôt ou imposition différée?

Les CELI sont exempts d’impôt, ce qui signifie que, si vous cotisez à votre CELI, vous pouvez cotiser jusqu’à la limite maximale seulement.   Si vos cotisations à un CELI dépassent le montant maximum permis, vous vous exposez à des pénalités, et si vous retirez de l’argent d’un CELI, vous pouvez verser d’autres fonds à n’importe quel moment jusqu’à la limite maximale.  Si vous décidez de retirer des fonds de votre CELI, il n’y a aucune incidence fiscale.

En revanche, les cotisations à un REER sont assujetties à l’imposition différée, ce qui signifie que vous payez non seulement de l’impôt sur les fonds que vous retirez de votre épargne-retraite, mais que si vous retirez des fonds avant l’âge de 71 ans, dans la plupart des cas, vous n’avez pas la possibilité de remettre ces fonds dans votre compte, car vous perdez ces droits à cotisation.

L’objectif du REER est d’offrir aux Canadiens la possibilité d’épargner en vue de leur retraite en mettant de l’argent de côté au moment où leurs revenus sont plus élevés que lorsqu’ils retireront leurs fonds, à 71 ans. Vous pouvez utiliser vos REER pour acheter votre première habitation (Régime d’accession à la propriété ou pour payer vos études (Régime d’encouragement à l’éducation permanente). Ces régimes ne sont pas offerts avec le CELI.

Lorsque vous cotisez à un REER, le gouvernement vous accorde une déduction fiscale qui réduit les impôts dus ou augmente les remboursements. Ainsi, en plus de mettre de l’argent de côté pour leur retraite, les Canadiens bénéficient d’une réduction d’impôt.

Si vous prévoyez retirer une partie ou la totalité de vos placements avant la retraite, un CELI est probablement une meilleure option pour vous.

Quel est le montant maximal que vous pouvez cotiser à votre CELI?

Lancé en 2009, le CELI est maintenant offert par de nombreuses institutions financières. Le CELI permet à tout Canadien âgé de 18 ans et plus d’économiser ou de placer de l’argent dans un compte en franchise d’impôt. Par « en franchise d’impôt », nous entendons essentiellement que vous ne payez pas d’impôt lorsque vous faites de l’argent dans votre CELI. Cela s’applique à des choses comme les paiements d’intérêts, les dividendes en actions ou les gains en capital.

Cependant, toute bonne chose a ses limites.  Dans le cas du CELI, il y a un montant maximum qu’on peut déposer chaque année. Heureusement, votre cotisation totale est cumulative, alors les sommes inutilisées peuvent être reportées d’une année à l’autre. Le montant que vous pouvez cotiser va donc augmenter chaque année, que vous déposiez de l’argent dans le compte ou non. Visitez le site Web de l’ARC pour connaître les droits de cotisation au CELI.

Il y a une différence entre vos droits de cotisation au CELI et le montant maximal des cotisations autorisées dans votre CELI au cours de l’année d’imposition.

Par exemple :

Joshua a ouvert un CELI pour ses 21 ans en 2020. Bien que le CELI soit offert depuis 2019, il peut reporter ses droits de cotisation que depuis l’année de ses 18 ans, soit en 2017.

Le total de ses droits de cotisation est 5 500 $ (2017) + 5 500 $ (2018) + 6 000 $ (2019) + 6 000 $ (2020), pour un total de 23 000 $. Joshua peut cotiser pour le montant total de 23 000 $ ou moins en 2020. Quand et comment Joshua peut-il retirer des fonds?

  • Si Joshua cotise pour le montant total de 23 000 $ en 2020 (sous forme de somme forfaitaire ou de cotisations périodiques), il ne pourra pas cotiser davantage jusqu’à l’année suivante. Il peut toutefois retirer le total des fonds, exempt d’impôt, à tout moment.
  • Si Joshua cotise pour un montant de 3 000 $ en janvier 2020.
    • Il peut continuer de cotiser jusqu’à atteindre le montant maximal de ses droits de cotisation tant qu’il ne retire pas de fonds.
    • Toutefois, s’il décidait de retirer des fonds de son CELI, il ne pourra plus cotiser pour un montant supérieur au total maximum des cotisations pour l’année d’imposition même si ses droits de cotisation sont plus élevés.
    • Donc, s’il cotise pour un total de 3 000 $ en 2020, puis qu’il retire 1 000 $ la même année, il ne pourra pas cotiser pour plus de 3 000 $ supplémentaires (puisque la limite annuelle est de 6 000 $ : 6 000 $ – 3 000 $ = 3 000 $) jusqu’à l’année suivante.

Autres déductions d’impôt liées au REER

Si vous avez versé le maximum de cotisations à votre REER, vous pouvez également cotiser au REER de votre conjoint et déduire ces cotisations de votre déclaration de revenus.  Même si cette déduction fiscale ne donne pas droit à un remboursement d’impôt sur le revenu, elle peut faire baisser votre impôt à payer. Le montant total de votre cotisation est soustrait de vos revenus bruts, ce qui diminue votre revenu imposable, c’est-à-dire le montant sur lequel vous payez des impôts.

Le REER de conjoint constitue un excellent moyen de réduire davantage le montant de l’impôt à payer à la retraite, en particulier lorsque l’un des époux ou conjoints de fait a un revenu beaucoup plus élevé, parce que le montant total des REER sera un peu plus équilibré à la retraite, ce qui signifie que la personne dont le revenu est le plus élevé sera potentiellement assujettie à des taux d’imposition moins élevés.

Les cotisations au CELI, en revanche, ne donnent lieu à aucune déduction sur votre déclaration de revenus annuelle.

Les Canadiens qui cherchent à obtenir une déduction peuvent trouver que le REER leur convient mieux.

Options supplémentaires

Les REER présentent d’autres options qui pourraient vous intéresser et vous aider à décider quel moyen de placement utiliser.   Les fonds cotisés au REER peuvent être retirés sans pénalité dans deux cas spécifiques : le Régime d’accession à la propriété et le Régime d’encouragement à l’éducation permanente. Ces deux régimes vous permettent de retirer des fonds et de rembourser les montants au fil du temps.  Si vous souhaitez acheter votre première habitation, vous pouvez retirer jusqu’à 35 000 $ de vos cotisations à un REER admissibles sans pénalité, puis rembourser le montant retiré de votre REER sur 15 ans. De la même façon, le Régime d’encouragement à l’éducation permanente permet aux contribuables de retirer jusqu’à 10 000 $ par an pour un maximum total de 20 000 $, afin que votre époux ou vous-même puissiez suivre une formation ou faire des études à temps plein. La période de remboursement définie pour un REEP est de dix ans.

Les CELI n’offrent pas d’options supplémentaires.  Il suffit de cotiser et de retirer en respectant les limites permises.

Si vous n’êtes pas sûr quel plan d’épargne vous convient le mieux, pensez aux raisons pour lesquelles vous épargnez.  Placez-vous de l’argent dans un REER afin de réduire votre impôt à payer et mettre de l’argent de côté en vue de la retraite, ou épargnez-vous en vue d’acheter un chalet ou un bateau?  Vous avez peut-être l’intention de retourner aux études ou d’acheter votre première maison, ou peut-être ne savez-vous pas si vous aurez besoin de l’argent et souhaitez bénéficier d’avantages fiscaux.  Dans les exemples ci-dessus, vous devez examiner l’option REER, l’option CELI ou les deux options et peser le pour et le contre de chacune.

Comment choisir la meilleure option?

Le CELI peut aussi être la meilleure option dans les situations suivantes :

Vous êtes une personne âgée :

  • Il n’y a aucune limite d’âge pour cotiser au CELI.
  • Vous n’avez pas à retirer d’argent, contrairement au REER qui vous oblige à commencer les retraits à 71 ans.
  • Toutefois, le fait de cotiser à un CELI ou d’en retirer des fonds pourrait avoir une incidence sur vos prestations de retraite, comme votre supplément de revenu garanti (SRG) ou votre pension de la Sécurité de la vieillesse.

Vous êtes jeune :

  • Si vous comptez augmenter vos revenus au cours des prochaines années, de manière à ce que vous passiez à une tranche d’imposition supérieure, vous pourriez utiliser un CELI pour « conserver » vos économies et les transférer dans un REER plus tard, ce qui vous permettrait d’obtenir un meilleur allègement fiscal relatif à votre impôt sur le revenu.

Vous épargnez pour des raisons autres que la retraite :

  • La meilleure chose à faire avec l’argent que vous cotisez dans un CELI est, bien sûr, de l’y laisser pour lui permettre d’accumuler des intérêts. Tout le monde devrait toutefois aussi se garder un certain fonds d’urgence, et plusieurs options de REER « bloquent » l’argent pour une période donnée, ce qui fait du CELI un meilleur choix si vous voulez avoir accès à votre argent rapidement.

Le REER est tout de même le meilleur choix pour certains :

Le fait de placer votre argent dans un REER au lieu d’un CELI pourrait être le meilleur choix pour les personnes qui ont un revenu de travail raisonnable (plus de 37 000 $ par an) et une épargne-retraite ou une pension de retraite modeste, de même que pour les personnes qui ont un revenu de travail élevé, soit généralement plus de 120 000 $ par an.  On considère qu’une épargne-retraite est modeste si vous avez amassé entre 250 000 $ et 750 000 $ au moment de votre retraite.

Le REER est aussi le meilleur choix pour les personnes qui sont de la difficulté à ne pas toucher à leurs économies, puisqu’il est généralement plus ardu et plus coûteux de retirer de l’argent d’un REER (ce qui entraîne des pénalités) que d’un CELI.